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Atelier « Médialité et normativité », 29 avril – 10 juin 2015
La théorie des médias n’explique pas de manière générale ce qu’est un medium et ce qui fait qu’il puisse être porteur d’une certaine catégorie de contenus. Il y a déjà une histoire du concept de medium, depuis Parsons, Innis et Luhmann, mais elle est rarement prise en compte dans le discours actuel. Le mot « medium » a été mis en circulation par les peintres, mais aujourd’hui il divague dans les technologies de la communication, en prenant de mauvaises habitudes, à commencer par sa forme : medium ou médium, media, média ou médias? La référence aux mass media et aux nouveaux médias oblitère souvent la réflexion sur les conditions générales d’existence d’un medium. En revanche il existe une recherche assez substantielle sur le passage des contenus d’un medium à l’autre et sur la multimodalité ou hypermédialité.
Il semble intéressant d’une part de réfléchir d’une manière théorique sur ce qu’est un medium en général, et si cette question s’avère ne pas avoir de sens, pourquoi elle n’est pas productive. D’autre part, il y a un rapport entre médialité et normativité, puisqu’un medium se constitue comme une forme d’organisation d’un support matériel ou sémiotique. Etudier ce rapport pourrait ouvrir une voie d’accès à une théorie.
L’histoire du concept de medium commence avec Platon, qui a proposé une comparaison fondatrice entre visibilité et intelligibilité. Aristote n’explicite pas le concept, mais sa théorie de la perception apporte une interrogation qui va dominer la pensée européenne jusqu’aux débuts de la psychologie scientifique. Pour la théorie sociale moderne, le medium-type d’échange est l’argent. Parsons ajoute l’influence (capacité générale de persuasion), l’engagement (performance garantie par un certain rôle normatif) et le pouvoir (capacité d’orienter l’action collective). Luhmann distingue entre medium et forme dans sa théorie générale des media. Habermas propose le langage comme medium général d’échange, et envisage des media de coordination. La vaste réflexion sur le langage, au XXe siècle, privilégie deux conceptions opposées, celle de Husserl, pour qui le langage est essentiellement un calcul, et celle de Heidegger, pour qui le langage est un medium universel de représentation. Envisager le langage comme medium universel implique le manque de sens de concepts comme le métalangage et les mondes possibles.
L’apparition des nouveaux media, appuyée sur les recherches de Innis et McLuhan, donne un nouvel essor aux études du domaine. Elle soulève cependant le vieux problème de la nature d’un medium. Qu’est-ce qui se transfère précisément entre deux media ? Où chercher le spécifique d’un medium ? Quelles sont les limites qu’un medium impose, et quel est le rôle de la créativité dans la transformation des media eux-mêmes ?
Une première stratégie consiste à s’interroger sur la question générale de l’effabilité, c’est-à-dire de la possibilité d’expression de contenus dans un medium donné.
Une seconde stratégie possible est de commencer par l’étude des représentations supra-propositionnelles, c’est-à-dire plus complexes que la proposition.
Une troisième stratégie serait de partir de l’étude des media dans leur diversité et dans leur relations réciproques, afin d’en dégager les traits généraux de ce qui est exprimable et représentable relativement à un certain support et à certaines règles qui structurent son emploi.
Enfin, la question de l’émergence intuitive des normes dans les nouveaux médias met en lumière le rôle actif du récepteur. L’évolution des media dans l’histoire n’est pas exclusivement imputable aux créateurs, qui proposent des visions nouvelles, mais aux changements de sensibilité des publics, ainsi qu’à leurs pratiques de réception.
Une série de conférences de 50 minutes, suivies de débats libres, et clôturée par une table ronde avec la participation des conférenciers, pourrait être la forme adéquate à ce stade de la question.
La première session sera tenue par M. Gabriel PIOARU (Entrepreneur) et aura lieu le mercredi 29 avril 2015 à 18h00 à la Villa Noël.
Les autres sessions seront tenues par les Pr Sorin ALEXANDRESCU, Radu TOMA, Ioan PÂNZARU et par les Dr Miriam COSTEA, Raluca MOISE et Alexandru MATEI.
La participation à cet atelier se fera sur inscription à l’adresse simona.necula@villanoel.ro.

