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Atelier de traduction littéraire LittérAfriques

Ces dernières années, les littératures francophones deviennent de plus en plus connues en dehors de leurs aires d’origine et de la France, espaces dans lesquels elles se sont pendant longtemps développées. Ayant un public assez large, des études et des formations dédiées, ces littératures commencent maintenant à atteindre des lecteurs de tous les coins du monde, grâce à une ouverture et à une meilleure communication autour notamment des plus prestigieux prix littéraires.
C’est pour cette raison que des auteurs comme Leïla Slimani, Kaouther Adimi, Fawzia Zouari ont connu du succès et ont vu leurs oeuvres traduites dans des langues et pour des publics qui ne leur étaient pas habituels. Les auteurs francophones contemporains ont donc cet atout donné par des instruments de communication que leurs prédécesseurs n’ont pas eus à disposition.
Cet atelier se propose d’attirer l’attention des étudiants sur les oeuvres « classiques » de la littérature francophone, se concentrant pour l’instant sur l’espace de l’Afrique du Nord. L’intérêt de traduire des oeuvres écrites par les premières générations d’écrivains maghrébins est de familiariser les participants avec un contexte historique, social, culturel, politique et religieux différent du nôtre, avec une langue française enrichie de la forte proximité de la langue et des dialectes arabes. Essayer de les transposer en roumain sera de cette façon une très bonne manière de réfléchir à tout ce que le processus de traduction comporte en dehors des mots et des structures langagières.
Pour cette première année, le choix des organisatrices s’est porté sur le roman La Civilisation, ma Mère !… de Driss Chraïbi. Considéré comme l’un des pères fondateurs de la littérature maghrébine, Chraïbi est entré dans la littérature avec fracas. Sa première oeuvre, Le Passé simple (1954), a suscité un scandale au Maroc et l’a mis au-devant de la scène littéraire en France. Avec son style unique, son humour et son courage à aborder des sujets sensibles, le chemin de l’écriture l’a mené vers la construction d’une oeuvre complexe, étonnante et toujours en renouvellement. La Civilisation, ma Mère !… (1972) met en scène l’histoire très émouvante d’une mère en quête d’émancipation racontée avec beaucoup de tendresse par ses deux fils, produisant un roman qui joue entre le réalisme d’une situation censée avoir été vécue et l’utopie d’une situation rêvée.
D’autres auteurs maghrébins de cette génération, comme Tahar Ben Jelloun ou Assia Djebar, ont eu une meilleure visibilité et ont bénéficié de traductions qui ont permis l’accès des lecteurs roumains non-francophones à leurs oeuvres. Nous essayerons de donner la même chance aux oeuvres de Driss Chraïbi, en espérant ouvrir l’intérêt des étudiants pour une lecture dépaysante, instructive et surprenante et en essayant de nous transformer ensemble dans de bons « passeurs culturels ».
L’atelier est organisé par le CEREFREA Villa Noël de l’Université de Bucarest et le Département de Langue et Littérature françaises de la même université. Il s’adresse aux étudiants de tous les niveaux et se déroulera à une fréquence mensuelle, la première session étant prévue en ligne pour le samedi, 6 mars 2021, à partir de 13h00.
Organisatrices
Larissa Luică – CEREFREA
Simona Necula – CEREFREA
Mihaela Stănică – FLLS
Lucia Vișinescu – FLLS
